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Chronique de Fabienne Aguado. ©Mouveur 2007 Lire
la chronique de Juillet 2008
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Si vous n’êtes pas allé au cinéma cet été, précipitez-vous ! Quatre films à voir parce qu’ils apportent chacun une jubilation saine et tonifiante, parce qu’ils proposent un regard fort et sensible sur le monde d’aujourd’hui. |
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Délice
Paloma est d’abord un vrai film de cinéma. La photographie
et la mise en scène y sont splendides et nous emportent immédiatement
dans l’univers que l’auteur veut explorer avec toute sa
maestria. Les comédiennes sont renversantes de justesse et
de beauté. Certains critiques ont rapproché le film
de La Dolce Vita de Federico Fellini, d’autres y ont vu un parallèle
avec les films de Pedro Almodovar. Selon moi, ce ne sont pas des flatteries,
Nadir Moknèche est un grand cinéaste, d’abord
parce qu’il est courageux. Il nous fait visiter l’Algérie
sans retenue à travers des portraits de « petites gens
», figures de l’espoir dans le dénuement, de la
vie dans le chaos. Rêver de changer de vie dans une société
bouleversée par une guerre civile de dix ans a un prix, le
prix fort et Mme Aldjéria, « bienfaitrice nationale »
interprétée par Biyouna (l’égérie
du cinéaste) perdra tous ceux qu’elle aime et perdra
la liberté à force de vouloir retrouver les terres de
son enfance. Ce film en montage alterné est de toute beauté,
un voyage à bien des égards. |
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« Cinq
femmes libanaises se croisent régulièrement dans un
salon de beauté tenu par l’une d’entre elles. Dans
ce lieu de travail et de douceur, où l’on effleure au
plus près la peau de femmes, les langues se délient
et se livrent les secrets les plus intimes. Chacune de nos héroïnes
fera face à sa manière à l’hypocrisie ambiante
et aux préjugés d’une société intraitable.
Seules leur amitié et leur force de vie en sortiront indemnes.
» Le synopsis de Caramel dit l’essentiel de cette histoire
de femmes qui peut faire pleurer (et rire) les hommes, j’en
ai vu dans la salle… En effet, ce premier long métrage de Nadine Labaki porte bien son nom : c’est un délice qui vous arrache le cœur. Des fils de sucre (soit disant !) se nouent pendant les trois premiers quarts du film et la résolution arrive, telle un bouleversement de l’âme. La protagoniste principale, une jeune femme grandie de l’expérience qu’elle vient de traverser, va trouver le bonheur, ce pendant que Madame Rose, plus âgée va décider de sacrifier le sien pour pouvoir continuer de s’occuper de sa sœur démente. Il y a de nombreuses histoires qui se croisent et incarnent les diverses façons d’être Femme à Beyrouth aujourd’hui mais celles qui se répondent avec une spontanéité déconcertante sont ces deux là. |
Persépolis |
| Finalement,
par de tous autres moyens (ceux de la bande dessinée), c’est
un peu la même chose pour Persépolis. La sincérité
de l’auteur touche, trouble, perturbe les clichés et
l’Histoire officielle, entre profondément dans la nébuleuse
humanité. Savoir être simple est une des choses les plus
difficiles. Marjane Satrapi va à l’essentiel et les dessins,
le montage, fourmillent de détails toujours judicieux, accompagnant
le ton si particulier du film où l’empathie, si forte,
n’est jamais construite de manière maligne. Si nous sommes
tenus, de bout en bout, suspendus au destin de la petite Marjane,
c’est qu’elle a des choses à dire, elle l’a
promis et peut être fière d’avoir honorée
sa promesse avec autant de maestria. Ce film ne souffre aucunement
d’être pédagogique, politique et poétique
à la fois : polémique, il va de soit : un conseiller
culturel de la présidence iranienne a vu un geste d'islamophobie
dans l'attribution du Prix du jury lors du dernier festival de Cannes…
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